Revue de presse : Humour, Dessin, Actualité, Web, Internet, nouveauté, informatique, économie, politique, critique...
26 Septembre 2005
« Chez HP, nous avions pour habitude de régler nos problèmes en famille. Cette fois, le dialogue est rompu. » Emu, la voix de Christophe Hagenmuller, secrétaire du CE de Grenoble, s'étrangle dans le mégaphone. Un millier de personnes, massées vendredi 16 septembre devant la préfecture, applaudissent. Cinq jours après l'annonce de la suppression d'un quart des effectifs en France, la colère ne retombe pas.
Plus de la moitié des salariés d'HP dans la rue, c'est une première pour cette société composée à 90 % de cadres. La plupart, comme Sophie*, dix-neuf ans de carrière, n'ont jamais fait grève. Alors que le plan social initié en 2002 se termine en décembre, un autre prend le relais. Remontés à bloc, les salariés le vivent comme une véritable punition.
1 - L'absence de justifications économiques.
![]()
HP fonde ce plan en regard « des contraintes de compétitivité liées à l'évolution du marché informatique » . A partir de 2007, le groupe prévoit d'économiser 1,9 milliard de dollars par an dont 1,6 milliard sur la masse salariale, et 300 millions sur les avantages sociaux. Mais avec un chiffre d'affaires de 20,8 milliards de dollars au troisième trimestre, en hausse de 10 %, la société se porte bien. « Comment HP justifiera-t-il ce plan ? s'interroge Didier Pasquini (CFE-CGC). Le licenciement par anticipation de pertes de bénéfices n'est pas légal en France. »